» Actualités » Voyage intercommunal en Pologne
 
Actualités

 
 

Séminaire européen
Voyage intercommunal en Pologne
Devoir de Mémoire sites 2ème guerre mondiale

 

Après une arrivée à Berlin-Tegel où le bus des Allemands est venu récupérer les 19 français de Demouville-Cuverille, les différentes délégations se sont retrouvées à l’hôtel Ibis de Szczecin. Une visite guidée de la ville a permis de découvrir la ville avec son palais ducale, ses églises, divers monuments et les chantiers navals, lieux de manifestations sanglantes dans les années 80. Après une bonne nuit réparatrice, découverte de deux lieux emblématiques de la ville. Le cimetière, le 3ème plus grand en Europe 172ha crée en 1901. L’idée de son créateur, Wilhelm Meyer-Schwartau, était de bâtir un site agréable pour le repos des défunts comme pour les familles venant se recueillir. Le cimetière compte environ 60km d’allées. Les places des tombes ne sont pas ’normalisées’ et donc implantées ça et là sans soucis de hiérarchies. Le cimetière inclut des monuments historiques, comme une croix de fer commémorant les personnes tuées pendant la guerre franco-prussienne de 1870 à 1871 ; une pierre tombale en l’honneur du maire de Szczecin Hermann Haken et de son épouse. Il fit beaucoup pour la ville pendants ses 29 années de mandat municipal. Un monument « Pour ceux qui ont péri mer » avec un étang sur lequel les familles déposent des gerbes de fleurs avec une bougie, le soir avec concert lors des commémorations ; un monument aux Polonais déportés en Sibérie et le rocher de commémoration des victimes du stalinisme ; un site est consacré aux soldats Polonais et Russes de la seconde guerre mondiale où sont élevées deux monuments en forme de V de la victoire. Puis avant de manger à bord du Ladoga, visite du bunker ou abri anti-bombes de la ville qui se situe dans un tunnel de la gare. Il est dans son état originel. Devant contenir environ 5000 personnes qui avaient 20’ pour rejoindre le lieu, il fut agrandi en 1941 en hauteur et en largeur, puis divisé en pièces plus ou moins grandes. Des pièces ont été aménagées pour accueillir des femmes enceintes et de jeunes enfants, comportant même des radiateurs électriques. Un local était réservé aux filtres à air pour renouveler l’air lors des bombardements intenses. Certains couloirs et pièces étaient recouverts d’une peinture phosphorescente en cas de panne du réseau électrique. Au total, la surface de l’abri est de 2500m2 et 800m de couloirs, le plus long mesure 100m. La T° constante et de 10°. Les premières attaques ont eu lieu le 11.04.1940 : 27 attaques de bombardiers anglais. En 1943, le jour anniversaire d’Hitler, la ville fut un enfer avec 461 bombardiers lâchant leurs bombes. En 1945, la ville fut détruite à 60%. Puis après le déjeuner, visite fluviale sur l’Oder du port de Szczecin. Puis transfert en bus pour Gdansk où nous arrivons à l’hôtel vers minuit. Souper rapide avant de se coucher.

Le lendemain, mardi, visite guidée de Gdansk, ville crée à la fin du 10ème siècle ; fut gouvernée pendant 150 ans par les chevaliers teutoniques. Puis elle fut une des trois dernières villes, membre de la ligue hanséatique : son église mariale, sa rue dorée où on vend de l’ambre, sa fontaine Neptune, la tour de la mairie, le Cours Arthus siège des chevaliers de Gdansk, sur le port la grue du moyen-âge mue par 4 hommes pouvant soulever 1T. Puis, navigation sur la Vistule sur un bateau ’pirate’. Nous rejoignons la presqu’île de la Werterplatte, siège de la toute première bataille de 1939-1945, mettant aux prises du 1er au 7 septembre 1939, 182 Polonais conte 1500 soldats de l’unité SS Heimwehr. Les combats durèrent 7 jours, malgré les moyens mis par l’armée allemande, avec la présence du naviral-amiral le "Schleswig-Holstein", l’intervention de la Luftwaffe avec 60 bombardiers. Le 7 septembre, le drapeau blanc fut hissé et, à 11 heures, le major Sucharski se rendit au général Kleikamp, qui autorisa le courageux commandant à garder son sabre. Les soldats allemands se mirent au garde-à-vous lorsque la garnison polonaise, hagarde et épuisée, quitta Westerplatte. Le site est émouvant avec les ruines des casemates et bâtiments. Un peu plus loin, un monument imposant rappelle ce fait de guerre ; de nombreux visiteurs à cette période de l’année. Puis retour à Gdansk, temps libre pour shopping, avant un retour à l’hôtel pour le dîner.

Mercredi, départ pour le camp du Sztutowo à 38km à l’Est de Gdansk. La visite du camp commence par la projection de deux films. Au début de la Seconde Guerre mondiale en 1939, les Allemands ont construit le camp de Sztutowo (Stutthof en allemand). À l’origine, ce camp est un camp de travail ’réservé’ aux Polonais, arrêtés plus ou moins arbitrairement. Les premiers prisonniers arrivent dès le 2 Septembre 1939. Au début, le camp est plutôt réduit, avec un seul point d’eau, pour abriter les premiers prisonniers qui vont agrandir le camp par leur travail. Le camp une fois agrandi, se développe dans un ensemble complexe, surtout après la visite d’Himmler. Il se transforme en camp de concentration avec 139 bâtiments, pouvant accueillir 75 000 personnes avec salles de bains (lavabos collectifs et toilettes séparées), infirmerie et salle de soins. En 1943, construction de 2 fours, d’une chambre à gaz et d’un gibet ; deux autres fours seront construits ultérieurement. À proximité se trouve l’hôpital, aujourd’hui détruit ; derrière le crématorium, la ligne de chemin de fer où sont acheminés les convois. Il reçoit des prisonniers de toutes sortes (politique, religion, criminel, homosexuel, asocial). Contrairement à une idée reçue, il n’accueillera de prisonniers juifs qu’en 1945, principalement des femmes juives de Lituanie. Au total, plus de 110.000 personnes de vingt-huit nationalités, de vingt-cinq pays ont été emprisonnées, et on estime que plus de 85.000 d’entre eux ont péri ici, avec des exécutions surtout entre juin et octobre 1944. Deux grands bâtiments en béton, un peu plus à l’arrière de l’extension du camp, étaient destinés à la production de munitions (balles) et d’armes pour l’aviation. Les prisonniers qui travaillaient dans ces ateliers étaient mieux nourris car leurs tâches demandaient beaucoup de dextérité et de précision, certaines pièces étant en or. Le site est maintenant un musée national polonais. Dans un des bâtiments à l’entrée du camp, se trouvent rassemblées, en hommage à toutes les victimes, toutes les chaussures trouvées dans le camp ; on estime leur nombre à plus de 490 000 paires. Après un rapide pique-nique, le groupe file vers Sopot, station balnéaire à quelques kilomètres au nord de Gdansk. Visite rapide de cette ville thermale en bord de mer baltique avec sa belle plage de sable et sa fameuse ’Mole’ une jetée en bois à l’origine, rénovée depuis et qui s’avance de 550m en mer, avec au bout un port de plaisance. La visite était libre. Puis retour à l’hôtel.

Jeudi, lever plus tôt avec un départ à 8h pour Malbork (ou Marienburg en allemand). Situé au sud-est de Gdansk ( 60km) le château de Malbork fut la résidence des grands maîtres de l’ordre des chevaliers Teutoniques, puis leur capitale de 1308 à 1457. Au début des années 1280, et en un peu moins de trente ans, ils bâtissent un ensemble conventuel quadrangulaire comprenant chapelle, maison du chapitre, dortoir, réfectoire, cour intérieure et une enceinte au nord. Une longue et haute galerie conduit de l’angle sud-ouest à la tour Danske, qui sert aussi à la défense. C’est le plus grand château médiéval d’Europe, une forteresse gothique de briques rouges couvrant 21 hectares, qui se dresse, impressionnante, sur la rive droite du fleuve Nogat, affluent de la Vistule. La rivière et le terrain plat permettant un accès aisé aux barges à une centaine de kilomètres de la mer, les chevaliers teutoniques l’intégrèrent à leur État, y collectèrent des péages et imposèrent un monopole sur le commerce de l’ambre. La ville devint plus tard membre de la ligue hanséatique et de nombreuses réunions de la Hanse s’y tinrent. Aujourd’hui la ville figure depuis 1997 au patrimoine mondial de l’UNESCO. Après la visite, un bon repas nous attendait au pied du château. Puis c’est le transfert en bus pour Berlin où nous arrivons vers minuit. Le lendemain, départ en bus de ville pour l’aéroport de Berlin-Tegel pour le retour vers la Normandie pour 19h.

 
 
 

 
 

 
 
 
Accueil     |    Plan du site     |    Espace rédacteurs     |    Se connecter