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Voyages et échanges

 
 

Partenariat Jumelage-Secteur Jeunesse
Séjour des Ados en ITALIE
Voyage "Partage et Solidarité"

 

Le séjour des jeunes en Italie était placé sous plusieurs facteurs dont le fil conducteur était l’échange entre des personnes différentes. Même si nous nous connaissons depuis 2011, nous sommes différents car nous vivons différemment dans deux régions très différentes. C’est le principe de ‘Union européenne dont le slogan est : « Unis dans la diversité ». Dès le premier contact avec nos amis italiens d’Amelia, le ton était donné par la chanson composée par les jeunes et les animateurs de l’association « La Casa del Sole » qui nous accueille depuis 5 ans, dont voici l’extrait en français dans le texte puisque l’originalité de la chanson était de s ‘exprimer dans les deux langues maîtrisées par les ados : «  Je n’ai pas les mots pour décrire ce moment incroyable, Je suis sûr que ce voyage sera formidable, Utiliser la diversité pour enrichir notre amitié . » Cette chanson fut un leitmotiv tout au long du séjour pour chaque jeune, soudant le groupe dans son quotidien. L’association italienne accueille des enfants de la commune, volontaires pour participer aux activités éducatives, de vivre ensembles dans la convivialité et le respect des règles. Elle accueille aussi des jeunes en situation d’handicape. C’est déjà un premier partage. Je rappelle, alors qu’en France les communes ‘pleurent’ sur la diminution des dotations de l’état, en Italie, les associations agissent avec des bénévoles et ne sont pas financer par la commune qui envoie à l’Etat 50%de ses recettes fiscales. Il faut donc beaucoup d’entraide et de partage entre les associations de la commune pour prêter un véhicule, des jeux, ou fournir à manger. Après cette première découverte sur l’entraide au sein de la commune entre les différents acteurs, nous avons rencontré une association qui accueille les émigrés mineurs, en particulier d’Afrique noire, après avoir tout quitté, ils arrivent là, après un ou deux ans d’errance. Ils sont accompagnés par des bénévoles qui les réconfortent d’abord, puis les prennent en charge pour leur donner une formation avec l’espoir ainsi d’un meilleur avenir. L’association a publié un livre où chacun des émigrés a raconté son histoire. Le gain de la vente servira à intégrer ces jeunes dans la société italienne. Un fois sur place en Sicile, à Corleone située à 45 km environ de Palerme, nous avons pu revivre ces situations avec l’association « Lavore e non solo » (Travail mais pas seulement) qui nous accueillait. Crée en 1998, elle gère des terres confisquées à la mafia et redonne du travail à des personnes exclues ou en situation d’handicape, dont une fût, en quelque sorte, notre ‘maître d’hôtel’ pendant le séjour. L’association fonctionne avec des fonds européens obtenus après un appel à projets. Elle gère aussi l’aide à des jeunes femmes pour les sortir de la prostitution et l’aide à des émigrés d’Afrique qui arrivent en masse qui les côtes de Sicile. Alors que cette idée est évoquée en France avec l’afflux considérable d’émigrés de Syrie te d’Irak, des villages siciliens hébergent des familles d’émigrés relaçant ainsi l’activité commerciale et sociale de ces villages ruraux qui se mouraient jusque-là. Cette humanité développée par les italiens de la base et qui inspire tout notre respect, les ados et les accompagnateurs, nous l’avons aussi mesurée lors des diverses visites consacrées à la découverte des luttes anti mafia par des hommes courageux. Alors qu’on pouvait croire que cette lutte n’avait commencée quelques temps avant l’assassinat du juge Giovanni Falcone le 23 mai 1992, des hommes se sont levés dès la fin du 19ème début du 20ème siècle et en ont payé le prix fort de leur vie. Ils voulaient reprendre les terres à la mafia qui en les confisquant, empêcher les jeunes de travailler et de subvenir à leur besoin, tel Bernardo Verro, premier maire socialiste de Corléone en 1906, assassiné en 1911 ; ou Placido Rizzoto militant syndicaliste au service de la Démocratie, et assassiné en 1948 à 34 ans ; ou encore Guiseppe Impastato, issu d’une famille mafieuse, chassé par son père du foyer familial, devenu journaliste, il lutta contre la mafia jusqu’à son assassinat le 9 mai 1978 à l’âge de 30 ans ; on peut aussi citer l’attentat contre la fête du travail le 1er mai 1947 où fut tué 11 personnes à Portella dell Ginestr. Mario, 90 ans et Sérafin, 84 ans, nous ont narré cette histoire. Mais avant de se quitter Mario avec beaucoup de force et vitalité dans sa voix à lancé un message aux jeunes : « il faut sans cesse défendre la République, la Constitution, la Démocratie, le droit de vote, l’école … pour ne pas tomber dans les griffes de la mafia, du fascisme, du terrorisme. » Avant de quitter la Sicile, un détour par le quartier où fut assassiné le juge Paolo Borsellino, nous a permis de ressentir toute la détermination de la jeunesse italienne à sortir de l’emprise mafieuse à l’occasion du 23ème anniversaire de sa mort. Alors que certains, en France et en Europe, s’interrogent face à l’ampleur de l’émigration subie par l’Europe ( qui est avant tout les conséquences de l’intervention occidentales dans ces pays toujours en guerre aujourd’hui), que d’autres rejettent toute forme de compassion et d’humanité face à une situation exceptionnelle, et qu’ensembles on oublie des pans de l’Histoire en guerre (émigration arménienne, italienne, espagnole, …), l’exemple fournie par la société italienne que nous avons pu approcher, voir et écouter sur place, force le respect. Les associations italiennes et leurs membres bénévoles font un travail immense pour que les démunis, les exclus, les personnes en situation d’handicape, les émigrés trouvent ou retrouvent une certaine dignité. Ils le font avec un engagement qui nous étonnent peut-être, mais qui nous laissent admiratifs. L’Italie n’a pas les moyens de l’Allemagne ou de la France, mais il y a déjà longtemps qu’elle agit, sans tambour ni trompette, mais dans le respect des valeurs humanistes de l’Europe. Belle leçon d’humanisme que nos jeunes ont vécu ! Une raison certainement pour développer nos échanges avec Amelia et aboutir à terme à une coopération.

Dernière minute : Le projet « Partage et Solidarité » à été récompensé le 12 mars 2016 par le Prix Jeunes Europe 2015 par le Service des Jumelages du Calvados. « Grazie Mille » à nos amis italiens de nous avoir associés à cet excellent projet. Si vous voulez en savoir plus sur cette nouvelle donne de la société civile italienn, vous pouvez lire facilement ce livre : "Don Luigi Ciotti-un prêtre contre la mafia" chez Bayard.

 
 
 

 
 
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